Danger, risque, exposition : les notions de base expliquées simplement
Danger, exposition, risque : trois mots qu'on mélange souvent. Définitions simples, exemples en restaurant, salon de coiffure ou nettoyage, et ce que ça change dans votre DUERP.
Dans cet article8 parties
En bref. Le danger, c’est ce qui peut faire mal : un produit, une machine, un sol mouillé. L’exposition, c’est le fait que votre salarié se retrouve face à ce danger, plus ou moins souvent et plus ou moins longtemps. Le risque, c’est la possibilité que cette rencontre se passe mal. Ces trois notions sont la base de votre DUERP (document unique d’évaluation des risques professionnels).
Vous voulez démarrer votre démarche de prévention dans votre entreprise. Mais quand on vous parle de danger, de risque et d’exposition, tout se mélange un peu ? C’est normal, on utilise souvent ces mots les uns pour les autres. Pourtant, ce sont eux qui servent de socle à votre DUERP.
Dans cet article, on va comprendre ensemble ce que veulent dire ces trois termes, et comment ils font vivre la prévention dans votre entreprise.
C’est quoi, un danger ?
Le danger, c’est tout ce qui peut causer un dommage à vos salariés : une blessure, une maladie, une atteinte à leur santé physique ou mentale.
Ça peut être :
- un produit (un détergent, une teinture, un solvant) ;
- un outil ou une machine (un couteau, une trancheuse, une scie) ;
- un lieu ou une situation (un sol mouillé, un escabeau, un véhicule) ;
- une charge (des cartons, des fûts, des sacs de farine) ;
- une organisation du travail (des horaires décalés, une forte pression, des clients parfois agressifs).
Ce dernier point est souvent oublié. Le danger n’est pas toujours un objet que l’on peut toucher. Une surcharge de travail ou des tensions avec la clientèle peuvent aussi abîmer la santé de vos salariés.
Un danger existe même quand personne n’est à côté. La friteuse remplie d’huile chaude est dangereuse, que votre cuisinier soit devant ou non. C’est pour ça que le danger ne suffit pas, à lui seul, à dire s’il y a un risque.
Qu’est-ce que comprend l’exposition ?
L’exposition, c’est le moment où votre salarié se retrouve face au danger. Et pour la décrire, on regarde trois choses :
- combien de fois il est face au danger (une fois par mois, plusieurs fois par jour) ;
- combien de temps il y reste (quelques secondes, toute la journée) ;
- combien de personnes sont concernées (un salarié, toute l’équipe).
Prenons un salon de coiffure. Votre coiffeuse fait des shampooings toute la journée, les mains dans l’eau, avec des produits sur la peau. Elle est exposée souvent et longtemps. Votre apprentie, qui en fait deux ou trois par jour, est exposée au même danger, mais beaucoup moins. (On détaille les risques du métier dans notre guide prévention de la coiffure.)
Autre exemple, dans une entreprise de nettoyage. Un produit concentré rangé fermé dans un local, auquel personne ne touche, n’expose pas grand monde. Le même produit dilué à la main tous les matins par vos agents, c’est une tout autre exposition.
L’exposition, c’est donc ce qui fait le lien entre le danger et votre salarié. Pas d’exposition, pas de rencontre. Mais attention aux expositions qu’on oublie : le nettoyage d’une machine, une livraison, une intervention ponctuelle. Le plus simple pour les repérer, c’est d’en parler avec vos salariés : ce sont eux qui savent combien de fois et combien de temps ils sont face à chaque danger. On vous explique comment faire dans Associer ses salariés à la démarche de prévention.
C’est quoi, un risque ?
Le risque, c’est la possibilité que votre salarié subisse un dommage parce qu’il est exposé à un danger. Autrement dit, c’est la rencontre entre votre salarié et le danger, et ce qui peut en résulter.
Reprenons notre sol mouillé. Le sol mouillé, c’est le danger. Votre serveur qui passe dessus vingt fois par service, c’est l’exposition. Le risque, c’est qu’il glisse et qu’il se blesse.
Pour mesurer un risque, on regarde deux choses :
- la gravité : si ça arrive, est-ce que c’est une petite coupure ou un accident grave ?
- la probabilité : est-ce que ça arrive rarement, ou presque tous les jours ?
C’est là que l’exposition compte. Plus votre salarié est exposé souvent et longtemps, plus la probabilité augmente. Jérémy l’explique avec des exemples chiffrés dans notre guide complet du DUERP. Et si vous préférez la vidéo, on vous explique tout en moins de 2 minutes dans cet épisode de la MaPrev Academy.
Comment ces trois notions s’articulent ?
Si on devait le résumer en une phrase : un danger, plus une exposition, donne un risque.
Prenons le cas d’un restaurant, avec la friteuse :
- le danger : l’huile très chaude ;
- l’exposition : votre cuisinier est au poste friture pendant tout le service, le midi et le soir ;
- le risque : une brûlure, par une projection ou en changeant l’huile.
Et c’est là que ça devient intéressant pour vous. Si le risque naît de la rencontre entre un danger et un salarié, alors vous avez deux façons d’agir.
Agir sur le danger
C’est la solution la plus efficace, et c’est d’ailleurs le premier des 9 principes généraux de prévention : éviter le risque, ou le combattre à la source. Remplacer un produit par un autre moins dangereux, choisir un équipement plus sûr, supprimer une tâche qui n’est plus utile.
Agir sur l’exposition
Quand on ne peut pas supprimer le danger, on peut réduire la rencontre : moins souvent, moins longtemps, moins de personnes. Faire tourner les postes, utiliser un système de dilution automatique pour les produits d’entretien, laisser refroidir l’huile avant de la changer, mettre en place une protection collective (un capot, une aspiration, une rampe). Et en dernier, quand le reste ne suffit pas, les équipements de protection individuelle (EPI) comme les gants ou les tabliers.
Vous voyez ? En comprenant bien ces trois notions, vous ne vous contentez plus de lister des objets dangereux. Vous regardez qui est exposé, quand, et ce que vous pouvez faire concrètement.
Et dans votre DUERP, ça donne quoi ?
Votre DUERP est organisé par unités de travail, c’est-à-dire par postes ou situations qui exposent vos salariés aux mêmes risques (la cuisine, la salle, l’accueil, le véhicule).
Pour chaque unité de travail, vous allez :
- repérer les dangers présents ;
- regarder qui y est exposé, combien de fois et combien de temps ;
- en déduire les risques, puis les évaluer avec la gravité et la probabilité ;
- décider des actions à mettre en place, en commençant par les risques les plus importants.
L’erreur la plus courante, c’est de s’arrêter à la première étape : une liste de dangers, sans dire qui est exposé ni ce qu’on fait. Un DUERP comme ça ne vous aide pas à décider par où commencer. On vous explique pourquoi un écrit complet compte vraiment dans Pourquoi la prévention doit être écrite.
Pour la suite, deux articles vous attendent : Évaluer et coter ses risques : la méthode gravité × probabilité et Prévention santé-sécurité au travail en TPE/PME : par où commencer ?.
À retenir
- Le danger, c’est ce qui peut causer un dommage. Il existe même quand personne n’est à côté.
- L’exposition, c’est la rencontre entre votre salarié et le danger : combien de fois, combien de temps, combien de personnes.
- Le risque, c’est la possibilité d’un dommage. On le mesure avec la gravité et la probabilité.
- Danger + exposition = risque. Vous pouvez donc agir sur le danger, ou sur l’exposition.
- Dans votre DUERP, ces trois notions se suivent, unité de travail par unité de travail.
Prêt à repérer vos propres risques ?
Sur MaPrev, le questionnaire de votre métier vous fait passer en revue vos unités de travail et les situations de votre quotidien, pour repérer vos dangers et vos risques. Pour chaque question, vous répondez oui, partiellement ou non, et l’outil en déduit une cotation estimée, que vous pouvez modifier si elle ne colle pas à votre réalité.
Les dangers et les mesures proposés ne sortent pas de nulle part. Ils viennent d’un référentiel qu’on a construit à partir de sources, pour la plupart officielles, sans IA générative. Et on a fait tester le questionnaire de chaque activité par des professionnels du métier, pour s’assurer que les risques identifiés étaient les bons, et que les mesures proposées tenaient la route dans la réalité de leur travail.
À la fin, vous obtenez votre kit de prévention : plus de 20 fichiers personnalisés selon votre activité, dont votre DUERP et votre plan d’actions, pour 199 € HT. Vous répondez, vous voyez le résultat, et vous ne payez que s’il vous convient.
FAQ : les questions qu’on se pose sur ces notions
Faut-il noter un danger si personne n’y est exposé ?
Oui, c’est utile de le repérer. Mais posez-vous la question : vraiment personne, jamais ? Souvent, quelqu’un y est exposé de temps en temps, pour un nettoyage, une livraison ou une réparation. Ce sont justement ces moments-là qu’on oublie.
Quelle est la différence entre un risque et un dommage ?
Le risque, c’est la possibilité que quelque chose arrive. Le dommage, c’est ce qui arrive vraiment : la coupure, la brûlure, le mal de dos. La prévention sert à agir sur le risque avant qu’il ne devienne un dommage.
Le stress, c’est un danger ou un risque ?
On parle de risques psychosociaux. Les dangers, ce sont les situations qui les provoquent : une charge de travail trop forte, des horaires difficiles, des tensions avec les clients. Le risque, c’est l’atteinte à la santé mentale ou physique de vos salariés qui peut en découler.
Faut-il des mesures ou des appareils pour évaluer l’exposition ?
Pas forcément. Dans la plupart des cas, il suffit d’observer le travail tel qu’il se fait et d’en parler avec vos salariés. Pour certains risques, comme le bruit ou certains produits chimiques, des mesures plus précises peuvent être utiles. Votre service de prévention et de santé au travail peut vous aider.
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Sources
- Code du travail, article L4121-2 (9 principes généraux de prévention) et articles R4121-1 et suivants (DUERP), sur Légifrance
- INRS, Évaluation des risques professionnels. Aide au repérage des risques dans les PME-PMI (ED 840) (critères d’appréciation : nombre de personnes exposées, durée d’exposition, gravité potentielle)
- Service Public Entreprendre, Qu’est-ce que le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) ?
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