Produits chimiques : inventaire et fiches de données de sécurité

Produits de nettoyage, solvants, colorations : comment faire l'inventaire de vos produits chimiques, lire une fiche de données de sécurité et informer vos salariés.

Dans cet article9 parties
  1. Quelles sont vos obligations avec les produits chimiques ?
  2. Étape 1 : faire l'inventaire de vos produits
  3. Étape 2 : récupérer et lire les fiches de données de sécurité
  4. Étape 3 : rédiger des notices de poste
  5. Savoir lire les pictogrammes de danger
  6. La règle d'or : remplacer avant de protéger
  7. À retenir
  8. Et avec MaPrev ?
  9. FAQ

En bref. Dès que vos salariés utilisent des produits chimiques dangereux, produits de nettoyage compris, vous devez évaluer les risques qu'ils présentent, les intégrer à votre DUERP et informer vos salariés. Trois documents vous y aident : l'inventaire de vos produits, leurs fiches de données de sécurité (FDS), que le fournisseur doit vous remettre, et des notices de poste qui résument les risques et les consignes en langage simple. La règle d'or : chercher d'abord à remplacer un produit dangereux par un produit qui l'est moins.

« Des produits chimiques ? Chez moi ? Non, je ne suis pas dans l'industrie. » C'est presque toujours la première réaction. Et puis on ouvre le placard du ménage.

Eau de Javel, détartrant, dégraissant, désinfectant. Au salon de coiffure : colorations, décolorants, produits de lissage, laques. Au garage : solvants, huiles, liquide de frein, peintures. En cuisine : produits pour le lave-vaisselle et le four. Au bureau : les produits de l'entreprise de nettoyage. Presque toutes les TPE utilisent des produits chimiques. Elles ne les voient juste pas comme tels.

Le risque, lui, est bien réel : irritations, brûlures, allergies, problèmes respiratoires, et pour certains produits, des maladies qui apparaissent des années plus tard. On remet tout ça à plat, avec les trois documents qui vont vous simplifier la vie.

Quelles sont vos obligations avec les produits chimiques ?

Dès que vos salariés sont exposés à des agents chimiques dangereux, vous devez évaluer les risques, les réduire en priorité par la substitution, et informer et former vos salariés (INRS). Concrètement :

  1. Évaluer les risques de toutes les activités où vos salariés sont exposés à des produits chimiques, et reporter le résultat dans votre DUERP.
  2. Supprimer ou réduire le risque, en commençant par remplacer un produit dangereux par un produit qui l'est moins. Ensuite seulement : ventilation, organisation, et équipements de protection individuelle si nécessaire.
  3. Informer et former vos salariés : quels produits ils utilisent, quels risques, quelles précautions, quels EPI.
  4. Leur donner accès aux fiches de données de sécurité des produits qu'ils manipulent.
  5. Respecter les règles d'hygiène : pas de nourriture, de boisson ni de cigarette dans les zones où des produits dangereux sont utilisés.

Et pour certains produits plus dangereux (cancérogènes, par exemple), des règles renforcées s'appliquent. Si vous êtes concerné, faites-vous accompagner par votre service de prévention et de santé au travail.

Étape 1 : faire l'inventaire de vos produits

L'inventaire, c'est la liste de tous les produits chimiques présents dans votre entreprise. C'est le point de départ : vous ne pouvez pas évaluer un risque que vous ne connaissez pas.

Faites le tour de vos locaux, placard par placard, et notez pour chaque produit :

Information Exemple
Nom commercial Dégraissant four XY
Fournisseur Nom du fournisseur
Où il est stocké Réserve, étagère du bas
Qui l'utilise, pour quoi Plonge, nettoyage du four en fin de service
Fréquence et quantité Tous les soirs, environ 50 ml
Pictogrammes de danger Corrosif
FDS récupérée ? Oui, version du 12/03/2025

Profitez-en pour faire le tri : produits périmés, en double, qu'on n'utilise plus, ou transvasés dans une bouteille d'eau sans étiquette (oui, ça arrive souvent, et c'est dangereux). Un produit qui ne sert plus, c'est un risque en moins.

Pour vous aider, l'INRS propose un logiciel gratuit, Seirich, qui permet de faire l'inventaire, d'évaluer les risques et de trouver des informations sur vos produits. Il est un peu technique, mais très complet.

Étape 2 : récupérer et lire les fiches de données de sécurité

La fiche de données de sécurité (FDS), c'est la carte d'identité d'un produit dangereux : elle dit ce qu'il contient, quels sont ses dangers, comment s'en protéger et que faire en cas d'accident. Pour les produits classés dangereux, le fournisseur doit vous la remettre gratuitement, en français (règlement européen REACH, article 31).

Vous ne l'avez pas ? Demandez-la à votre fournisseur. Elle est aussi souvent téléchargeable sur son site.

Une FDS compte 16 rubriques. Pas besoin de tout lire. Pour une TPE, voici celles qui comptent le plus :

Rubrique Ce qu'elle vous dit Pourquoi c'est utile
2. Identification des dangers Les pictogrammes et les mentions de danger Savoir en un coup d'œil si le produit est dangereux, et comment
4. Premiers secours Que faire en cas de contact avec la peau, les yeux, d'inhalation, d'ingestion À connaître avant l'accident, pas après
7. Manipulation et stockage Comment l'utiliser et le ranger Éviter les mauvais stockages et les mélanges dangereux
8. Contrôle de l'exposition, protection individuelle Les EPI à porter (gants, lunettes, masque) Choisir les bons EPI
10. Stabilité et réactivité Les produits avec lesquels il ne faut pas le mélanger Éviter les réactions dangereuses

Un exemple très classique : mélanger de l'eau de Javel avec un produit acide, comme certains détartrants, peut dégager un gaz toxique. C'est écrit dans les FDS. Et c'est le genre d'information que vos salariés doivent connaître.

Étape 3 : rédiger des notices de poste

Une notice de poste, c'est un résumé en langage simple des risques et des consignes pour un poste qui utilise des produits chimiques. L'INRS la présente comme un document que l'employeur établit et tient à jour pour chaque poste exposé (INRS).

Pourquoi en plus de la FDS ? Parce qu'une FDS, c'est 10 à 20 pages techniques par produit. Personne ne la lit en plein service. La notice de poste, elle, tient sur une page et répond aux questions que se pose le salarié :

  • quels produits j'utilise à ce poste, et quels sont leurs dangers ;
  • quelles précautions prendre, quels EPI porter ;
  • ce qu'il ne faut jamais faire (mélanger, transvaser, utiliser sans ventilation) ;
  • que faire en cas de projection, d'inhalation ou d'ingestion.

Affichez-la près du poste, là où les produits sont utilisés. Et présentez-la lors de l'accueil sécurité des nouveaux salariés (on vous explique tout sur les formations ici).

Savoir lire les pictogrammes de danger

Les pictogrammes de danger, ce sont les losanges à bord rouge sur les étiquettes des produits. Il en existe neuf, et vos salariés doivent savoir ce qu'ils veulent dire :

Pictogramme Nom Ce qu'il signifie
Pictogramme de danger SGH02 : flamme Flamme Produit inflammable
Pictogramme de danger SGH03 : flamme au-dessus d'un cercle Flamme au-dessus d'un cercle Produit comburant (il aggrave un incendie)
Pictogramme de danger SGH01 : bombe qui explose Bombe qui explose Produit explosif
Pictogramme de danger SGH04 : bouteille de gaz Bouteille de gaz Gaz sous pression
Pictogramme de danger SGH05 : corrosion Corrosion (mains et surface rongées) Produit corrosif : brûlures de la peau, lésions des yeux, attaque les métaux
Pictogramme de danger SGH06 : tête de mort Tête de mort Toxicité aiguë : peut tuer, même en petite quantité
Pictogramme de danger SGH07 : point d'exclamation Point d'exclamation Irritant, nocif, ou dangereux pour la couche d'ozone
Pictogramme de danger SGH08 : silhouette avec une étoile sur la poitrine Silhouette avec une étoile sur la poitrine Danger grave pour la santé : peut être cancérogène, toxique pour la reproduction, ou provoquer des allergies respiratoires
Pictogramme de danger SGH09 : arbre et poisson morts Arbre et poisson morts Dangereux pour l'environnement aquatique

Le plus important, et le plus méconnu, c'est la silhouette avec l'étoile. Elle signale des effets qui ne se voient pas tout de suite, mais qui peuvent être très graves des années plus tard. Si vous en voyez un dans votre placard, regardez s'il existe un produit de remplacement.

La règle d'or : remplacer avant de protéger

Le meilleur moyen de prévenir le risque chimique, c'est de remplacer un produit dangereux par un produit qui l'est moins. C'est la première mesure à envisager, avant la ventilation et avant les gants.

Pour chaque produit de votre inventaire avec un pictogramme inquiétant, posez-vous la question : est-ce que j'ai vraiment besoin de ce produit ? Existe-t-il une version moins dangereuse ? Puis-je changer de méthode (nettoyage vapeur, microfibre) ? Votre fournisseur ou votre service de prévention et de santé au travail peuvent vous orienter.

Ensuite viennent les autres mesures : ventiler, limiter les quantités au poste, bien étiqueter, ranger les produits incompatibles séparément, et fournir les bons EPI. On vous explique comment construire ce plan dans Du DUERP au plan d'actions de prévention, et comment gérer les EPI dans EPI : dotation, suivi et registre.

À retenir

  • Presque toutes les TPE utilisent des produits chimiques, ne serait-ce que pour le ménage : leurs risques doivent figurer dans votre DUERP.
  • Trois documents vous aident : l'inventaire de vos produits, leurs fiches de données de sécurité (FDS) et des notices de poste en langage simple.
  • Pour les produits classés dangereux, le fournisseur doit vous remettre la FDS gratuitement et en français.
  • Vos salariés doivent connaître les neuf pictogrammes de danger, en particulier la silhouette avec une étoile, qui signale des effets graves à long terme.
  • La règle d'or : remplacer un produit dangereux par un produit qui l'est moins, avant de ventiler ou de distribuer des EPI.

Et avec MaPrev ?

Avec MaPrev, le risque chimique est intégré directement dans votre évaluation : le parcours vous pose les questions propres à votre métier (colorations en salon, solvants au garage, produits de nettoyage en cuisine…), et vous propose les mesures adaptées, en commençant par la substitution et la ventilation.

Dans votre kit prévention, vous retrouvez la signalétique liée aux produits dangereux, les fiches de dotation des EPI (gants, lunettes, masques), les fiches de formation, un livret d'accueil sécurité, et des fiches réflexes en cas d'accident, dont les projections et les inhalations. Les risques et les mesures viennent d'un référentiel construit à partir de sources, pour la plupart officielles, sans IA générative, et chaque questionnaire métier a été testé par des professionnels de l'activité concernée : les produits et les situations évoqués sont ceux qu'on rencontre vraiment.

Le tout pour 199 € HT, avec votre DUERP et votre plan d'actions. Vous pouvez commencer gratuitement : vous ne payez que si le résultat vous convient.

FAQ : les produits chimiques

Les produits ménagers comptent-ils comme produits chimiques dangereux ?

Oui, dès qu'ils portent un pictogramme de danger. Eau de Javel, détartrants, dégraissants, désinfectants : beaucoup sont corrosifs ou irritants. Ils doivent figurer dans votre évaluation des risques.

Mon fournisseur ne me donne pas la FDS, que faire ?

Demandez-la par écrit. Pour un produit classé dangereux, le fournisseur doit vous la remettre gratuitement, en français. Elle est aussi souvent disponible sur son site internet.

Où ranger les FDS ?

Là où elles sont accessibles rapidement par vos salariés et par les secours : un classeur près des produits, ou un dossier numérique consultable sur place. En cas d'accident, le centre antipoison ou les secours peuvent vous demander des informations qui s'y trouvent.

Faut-il mettre à jour l'inventaire ?

Oui, à chaque nouveau produit et à chaque produit qui disparaît. Et au moins à chaque mise à jour de votre DUERP. Profitez-en pour vérifier que vous avez la dernière version de chaque FDS.

Puis-je transvaser un produit dans un autre contenant ?

C'est à éviter. Si c'est indispensable, le nouveau contenant doit être clairement étiqueté avec le nom du produit et ses dangers. Jamais de produit chimique dans une bouteille d'eau ou un contenant alimentaire : c'est une cause classique d'accident.

Vous voulez intégrer vos produits chimiques à votre DUERP sans prise de tête ?

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À propos de l'autriceManon Besnard, cofondatrice de MaPrev

C'est en gérant des sites industriels de l'aéronautique, où la sécurité ne tolère aucune approximation, que Manon a acquis sa rigueur réglementaire.

Manon sur LinkedIn(nouvel onglet)
Relu parJérémy Heber, cofondateur de MaPrev

Passé par des TPE/PME et par un grand groupe de santé français, Jérémy connaît la prévention côté terrain comme côté expertise.

Jérémy sur LinkedIn(nouvel onglet)

Sources

  • INRS, Réglementation de la prévention des risques chimiques (mise à jour le 22 juin 2026 : évaluation, substitution, FDS, information et formation, notice de poste, logiciel Seirich)
  • Code du travail, article L. 4121-2 (principes généraux de prévention) et articles R. 4412-5 et suivants (prévention du risque chimique), Légifrance
  • Règlement (CE) n° 1907/2006 dit REACH, article 31 (fiche de données de sécurité)

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