Risques professionnels dans le transport routier : le guide prévention
50 % des accidents des conducteurs viennent de la manutention, 8 % de la route. Quais, cabines, hayons, protocole de sécurité, fatigue : le guide prévention du transport routier.
Dans cet article9 parties
- D'où viennent les accidents des conducteurs ?
- Les principaux risques et les mesures
- Le protocole de sécurité : obligatoire pour le chargement et le déchargement
- Le risque routier : moins fréquent, beaucoup plus grave
- Les unités de travail d'une entreprise de transport
- Les ressources pour le transport routier
- À retenir
- Et avec MaPrev ?
- FAQ
En bref. Dans le transport routier de marchandises, la moitié des accidents du travail avec arrêt des conducteurs viennent de la manutention manuelle, et 32 % des chutes (de plain-pied ou de hauteur), alors que la route n'en représente que 8 %. Mais la route reste à l'origine d'environ 70 % des décès de conducteurs (INRS, statistiques 2019). La prévention porte donc sur deux fronts : les opérations autour du véhicule (quais, cabine, hayon, chargement), encadrées par un protocole de sécurité, et le risque routier lui-même, avec la fatigue et la pression des délais.
Quand on pense aux risques d'un chauffeur routier, on pense spontanément à l'accident de la route. C'est logique : c'est le plus grave, et le plus médiatisé. Mais si vous regardez les chiffres, vous allez être surpris.
La grande majorité des accidents des conducteurs n'ont pas lieu au volant. Ils ont lieu à l'arrêt : en descendant de la cabine, en manipulant une palette, en glissant sur un quai mouillé, en tombant du plateau. Autrement dit, le métier de conducteur, c'est aussi un métier de manutentionnaire. Et c'est là que la prévention a le plus d'effet.
D'où viennent les accidents des conducteurs ?
Selon le guide de l'INRS pour l'évaluation des risques dans le transport routier de marchandises, basé sur les statistiques 2019 de l'Assurance Maladie, voici la répartition des accidents du travail avec arrêt des conducteurs (INRS, ED 6095) :
| Cause | Part des accidents avec arrêt |
|---|---|
| Manutention manuelle | 50 % |
| Chute de plain-pied | 17 % |
| Chute de hauteur | 15 % |
| Accident de la route | 8 % |
| Manutention mécanique | 5 % |
| Autres | 5 % |
Neuf accidents avec arrêt sur dix viennent donc de la manutention et de la préparation du véhicule. Mais attention à ne pas en conclure que la route est secondaire : elle cause environ 70 % des décès de conducteurs. Les deux fronts comptent.
Les principaux risques et les mesures
Voici les principaux risques d'une entreprise de transport routier, avec les mesures recommandées par l'INRS (ED 6095) :
| Risque | Situations typiques | Mesures prioritaires |
|---|---|---|
| Manutention manuelle | Chargement et déchargement, transpalette manuel, colis lourds, livraisons urbaines | Hayon avec butées, transpalettes électriques, planchers antidérapants, formation aux gestes et à l'arrimage |
| Chutes de hauteur | Montée et descente de la cabine, hayon, plateau, bâchage | Marchepieds antidérapants et poignées, règle des trois points d'appui, systèmes de bâchage commandés à distance, cabines surbaissées en ville |
| Chutes de plain-pied | Quais mouillés, encombrés ou mal éclairés | Voies de circulation dégagées et éclairées, zone d'attente sécurisée pour les conducteurs |
| Manutention mécanique | Chariots élévateurs, chargements qui basculent, piétons et engins qui se croisent | Séparation des flux, protocole de sécurité, formation et autorisation de conduite |
| Risque routier | Conduite, pression des délais, téléphone | Plannings réalistes, interdiction du téléphone en conduisant (même en mains libres), entretien des véhicules |
| Fatigue, stress | Horaires décalés, longues journées, attentes, isolement | Respect des temps de conduite et de repos, organisation des tournées, pauses réelles |
| Agressions | Travail seul, livraisons, transport de valeurs | Procédures, moyen d'alerte, formation à la gestion des conflits |
| Écrasement | Véhicule qui se déplace pendant une intervention, attelage | Alarme de frein de parking non serré, attelages à ouverture à distance |
Le protocole de sécurité : obligatoire pour le chargement et le déchargement
Pour toute opération de chargement ou de déchargement, le Code du travail impose un protocole de sécurité, établi entre le transporteur et l'entreprise qui accueille le véhicule (articles R. 4515-1 et suivants du Code du travail). C'est une version simplifiée du plan de prévention, adaptée au transport (INRS, ED 6095).
Il précise notamment :
- les voies de circulation et l'accès au quai ;
- la zone d'attente du conducteur pendant les opérations ;
- les moyens de manutention utilisés, et qui les manipule ;
- les moyens de secours en cas d'accident.
Pour des opérations répétées avec le même client, un seul protocole suffit, établi avant la première opération. Le bon réflexe : demandez-le systématiquement à vos clients réguliers, et gardez-en une copie. On revient sur l'importance de ces écrits dans Pourquoi la prévention doit être écrite.
Côté quais, l'INRS recommande notamment de placer les commandes de mise à niveau du quai sur la plateforme plutôt qu'au sol, de prévoir une zone d'attente sécurisée pour les conducteurs, et de dégager et d'éclairer les voies de circulation piétonnes.
Le risque routier : moins fréquent, beaucoup plus grave
Le risque routier ne représente qu'une petite part des accidents, mais l'essentiel des décès. Il dépend autant de l'organisation du travail que du comportement au volant.
Les leviers de prévention :
- Des plannings réalistes, qui tiennent compte des durées réelles de trajet, des attentes chez les clients et des pauses. Un conducteur en retard est un conducteur qui prend des risques.
- Le respect des temps de conduite et de repos, qui protègent contre la fatigue.
- Pas de téléphone en conduisant, même en mains libres, comme le recommande l'INRS. Organisez les échanges avec l'exploitation pendant les arrêts.
- Des véhicules entretenus et bien équipés, avec un chargement correctement arrimé.
- La formation : les conducteurs de poids lourds doivent suivre une formation initiale (FIMO) et une formation continue (FCO). Au-delà de l'obligation, c'est un vrai moment de prévention (voir notre article sur les formations).
Et si vos conducteurs utilisent des chariots élévateurs, l'autorisation de conduite est désormais liée à une attestation de non contre-indication médicale du médecin du travail (voir les visites médicales).
Les unités de travail d'une entreprise de transport
Pour faire votre DUERP, découpez votre entreprise en unités de travail. Dans une entreprise de transport, on retrouve généralement :
- la conduite : longue distance, régional, livraison urbaine, chacun avec ses risques ;
- le chargement et le déchargement, chez vous et chez les clients ;
- l'entrepôt ou le quai, si vous en avez un ;
- l'atelier d'entretien des véhicules, si vous l'assurez en interne ;
- l'exploitation et l'administratif : planification, travail sur écran, stress.
Les ressources pour le transport routier
L'INRS et l'Assurance Maladie proposent des ressources gratuites dédiées :
- des outils en ligne d'évaluation des risques pour le transport routier de marchandises et le transport routier de voyageurs (INRS) ;
- le guide pour l'évaluation des risques dans le transport routier de marchandises (ED 6095), avec sa méthode de cotation et ses fiches par situation.
On présente les outils gratuits dans Faire son DUERP gratuitement. Et pour financer des équipements (hayons, transpalettes électriques, dispositifs contre les chutes), regardez les subventions de votre Carsat (voir les aides).
À retenir
- Dans le transport routier de marchandises, la moitié des accidents avec arrêt des conducteurs viennent de la manutention et 32 % des chutes. La route n'en représente que 8 %, mais cause environ 70 % des décès.
- Les deux fronts comptent : prévenir la manutention et les chutes (cabine, plateau, quai) autant que le risque routier.
- Chaque opération de chargement ou de déchargement exige un protocole de sécurité avec l'entreprise d'accueil : demandez-le à vos clients réguliers.
- Contre le risque routier : des plannings réalistes, le respect des temps de conduite et de repos, pas de téléphone au volant, des véhicules entretenus.
- Les conducteurs de poids lourds doivent suivre une formation initiale (FIMO) puis une formation continue (FCO).
Et avec MaPrev ?
Avec MaPrev, vous choisissez le transport routier, et le parcours vous pose les questions propres à votre activité : le type de transport, les opérations de chargement, les véhicules, les tournées, les quais. Les risques et les mesures viennent d'un référentiel construit à partir de sources, pour la plupart officielles, sans IA générative, et le questionnaire de chaque activité a été testé par des professionnels du métier, pour vérifier que les risques identifiés et les mesures proposées correspondent à la réalité de la route et des quais.
Vous repartez avec votre DUERP, votre plan d'actions et un kit prévention complet : signalétique prête à imprimer, fiches de dotation des EPI (chaussures, gants, gilets haute visibilité…), fiches de formation, livret d'accueil sécurité et fiches réflexes en cas d'accident. Le tout pour 199 € HT. Vous pouvez commencer gratuitement : vous ne payez que si le résultat vous convient.
FAQ : prévention dans le transport routier
Le protocole de sécurité est-il obligatoire pour chaque livraison ?
Il est obligatoire pour les opérations de chargement et de déchargement. Pour des opérations répétées avec le même client, un seul protocole, établi avant la première opération, suffit.
Quel est le premier risque d'un conducteur routier ?
En nombre d'accidents, la manutention : la moitié des accidents avec arrêt des conducteurs du transport de marchandises, selon l'INRS. En gravité, la route, qui cause la majorité des décès.
Mes conducteurs sont toujours sur la route, comment les associer à la prévention ?
Profitez des moments où ils sont au dépôt : prise de poste, entretien des véhicules, réunions. Et demandez-leur ce qui se passe chez les clients : ce sont eux qui connaissent les quais dangereux et les attentes interminables (voir nos méthodes).
Une entreprise de transport de 3 salariés doit-elle faire un DUERP ?
Oui, dès le premier salarié (voir qui est concerné). Et le risque routier, comme les opérations de chargement chez les clients, doit y figurer.
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Sources
- INRS, Transport routier de marchandises : guide pour l'évaluation des risques professionnels (ED 6095) (2e édition, mars 2022 ; statistiques Cnam 2019 ; protocole de sécurité, articles R. 4515-1 et suivants du Code du travail)
- INRS, TPE-PME : des outils en ligne pour évaluer les risques professionnels (OiRA)
- AIST, Santé au travail : ce qui change en 2026 (attestation de non contre-indication médicale)
- Éditions Tissot, La formation en santé et sécurité au travail (FIMO, FCO)
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