Risques professionnels en bar-tabac : le guide prévention

Agressions et vols, fûts et caisses à porter, chutes en cave, gaz de la tireuse, clients difficiles : les risques d'un bar-tabac et comment les prévenir.

Dans cet article9 parties
  1. Les principaux risques en bar-tabac
  2. Les agressions : le risque qui fait le plus peur
  3. Le gaz des tireuses : un risque invisible
  4. Les manutentions et les chutes : le quotidien
  5. Les unités de travail d'un bar-tabac
  6. Les ressources pour les bars
  7. À retenir
  8. Et avec MaPrev ?
  9. FAQ

En bref. Un bar-tabac cumule des risques très différents : les agressions et les vols (espèces, tabac, jeux), les manutentions lourdes (fûts, caisses de boissons, cartons), les chutes, notamment dans l'escalier de la cave, les coupures avec le verre, le gaz carbonique des tireuses à bière stocké en cave, et la relation avec une clientèle parfois difficile, souvent le soir ou seul. La prévention passe par la gestion des fonds, l'aménagement du comptoir et de la cave, des aides à la manutention et une organisation qui évite de travailler seul aux moments à risque.

Le bar-tabac, c'est un commerce à part. On y vend du tabac, des jeux, de la presse, on y sert des cafés le matin et des bières le soir. On y voit défiler tout un quartier. Et c'est justement cette diversité qui en fait un métier aux risques multiples, souvent sous-estimés.

Parce que quand on pense « risques » dans un bar-tabac, on pense d'abord au braquage. Il existe, c'est vrai. Mais au quotidien, ce sont plutôt le dos qui souffre à force de descendre les fûts, la glissade derrière le comptoir, la coupure en essuyant un verre ou le client alcoolisé qui s'énerve à la fermeture. On fait le tour.

Les principaux risques en bar-tabac

Voici les principaux risques d'un bar-tabac, avec leurs causes et les premières mesures à envisager :

Risque Situations typiques Mesures prioritaires
Agressions, vols Espèces en caisse, stock de tabac, jeux, ouverture et fermeture, travail seul Retraits d'espèces réguliers, coffre adapté, comptoir aménagé, vidéosurveillance, ne pas travailler seul aux heures à risque, formation
Manutention Fûts de bière, caisses de boissons, cartons de tabac, livraisons, escalier de cave Diable, monte-charge si possible, livraisons au plus près du stockage, charges réparties, formation aux gestes
Chutes Sol mouillé derrière le comptoir, escalier de cave raide ou mal éclairé, terrasse Sols antidérapants, nettoyage immédiat, escalier avec main courante et éclairage, chaussures adaptées
Coupures Verres cassés, essuyage des verres, ouverture des cartons Gestion du verre cassé, lave-verres, cutters de sécurité
Gaz carbonique en cave Bouteilles de CO2 des tireuses, raccordements, fuite dans une cave peu ventilée Bouteilles fixées, raccords vérifiés, cave ventilée, détecteur si nécessaire, consignes en cas de malaise
Relation clientèle Clients alcoolisés, incivilités, refus de vente, tensions à la fermeture Règles claires affichées, formation à la gestion des conflits, ne pas rester seul, procédure en cas d'incident
Fatigue, horaires Amplitude d'ouverture très large, travail tôt le matin et tard le soir Plannings équilibrés, vraies pauses, attention aux horaires décalés
Station debout Journées entières derrière le comptoir Tapis anti-fatigue, possibilité de s'asseoir aux moments calmes

Les agressions : le risque qui fait le plus peur

Les agressions et les vols sont un vrai risque dans un bar-tabac, avec des espèces, du tabac et des jeux sur place. L'INRS rappelle que l'employeur doit évaluer ce risque comme les autres, et privilégier les mesures qui suppriment ou réduisent les situations de violence (INRS).

Concrètement, les mesures les plus utiles :

  1. Limiter les espèces en caisse, en faisant des retraits réguliers, et le faire savoir (une affiche suffit, c'est dissuasif).
  2. Aménager le comptoir et l'espace de vente : un poste visible depuis l'extérieur et depuis les autres postes, un stockage du tabac hors de portée, une alarme.
  3. Éviter le travail seul aux moments à risque : l'ouverture, la fermeture, le transport des fonds.
  4. Former votre équipe à reconnaître les signes de tension et à désamorcer un conflit : rester calme et poli, ne pas répondre à la provocation, garder ses distances, savoir s'éloigner et appeler de l'aide.
  5. Avoir une procédure après un incident : ne pas laisser seule la personne agressée, la déclarer en accident du travail, l'orienter vers un soutien psychologique, et revoir ensemble ce qui s'est passé (voir les bons réflexes).

Votre service de prévention et de santé au travail peut vous aider sur le soutien psychologique après une agression (voir à quoi il sert).

Le gaz des tireuses : un risque invisible

Le gaz carbonique (CO2) qui fait fonctionner les tireuses à bière est un danger souvent ignoré. C'est un gaz incolore et inodore, plus lourd que l'air : en cas de fuite, il s'accumule dans les parties basses, comme une cave, et peut provoquer un malaise grave sans qu'on le sente venir (MSA).

Les bons réflexes :

  • fixer les bouteilles pour qu'elles ne tombent pas, et les stocker comme le recommande votre fournisseur ;
  • vérifier les raccords et les détendeurs, et faire intervenir un professionnel au moindre doute ;
  • ventiler la cave, et envisager un détecteur de CO2 si elle est petite ou peu aérée ;
  • ne jamais se fier à la flamme d'un briquet ou d'une bougie pour « tester » l'air : ce n'est pas une méthode fiable ;
  • connaître la consigne : en cas de malaise dans la cave, on ne descend pas seul secourir quelqu'un, on aère et on appelle les secours.

Les manutentions et les chutes : le quotidien

Au quotidien, ce sont les manutentions et les chutes qui causent le plus de blessures. Un fût de bière est lourd, les caisses de boissons aussi, et ils passent souvent par un escalier de cave étroit.

Quelques mesures simples :

  • organiser les livraisons au plus près de l'endroit de stockage ;
  • utiliser un diable adapté, et un monte-charge ou une trappe avec palan quand c'est possible ;
  • sécuriser l'escalier de cave : main courante, bon éclairage, marches antidérapantes, rien de stocké dessus ;
  • nettoyer immédiatement les liquides renversés derrière le comptoir, et fournir des chaussures antidérapantes.

Pour les équipements plus lourds, pensez aux subventions de votre Carsat sur la prévention des chutes et des troubles musculosquelettiques (voir les aides).

Les unités de travail d'un bar-tabac

Pour faire votre DUERP, découpez votre établissement en unités de travail. Dans un bar-tabac, on retrouve généralement :

  • le comptoir et le bar : service, préparation, encaissement ;
  • l'espace tabac, jeux et presse : vente, encaissement, gestion des fonds ;
  • la salle et la terrasse : service, débarrassage ;
  • la cave et la réserve : stockage, fûts, bouteilles de gaz ;
  • la cuisine, si vous faites de la petite restauration (voir alors aussi notre guide restauration) ;
  • l'ouverture et la fermeture, souvent faites par une seule personne.

Et pensez à l'affichage : l'interdiction de fumer dans l'établissement, notamment, fait partie des affichages obligatoires (voir la liste).

Les ressources pour les bars

L'INRS et l'Assurance Maladie proposent un outil en ligne gratuit d'évaluation des risques pour les hôtels, cafés et restaurants, qui couvre une bonne partie des risques d'un bar (INRS). Pour les agressions, l'INRS a un dossier complet sur les violences externes (INRS).

À retenir

  • Un bar-tabac cumule des risques très différents : agressions et vols, manutentions, chutes en cave, coupures, gaz des tireuses et tensions avec la clientèle.
  • Contre les agressions : peu d'espèces en caisse, un comptoir bien aménagé, pas de travail seul à l'ouverture et à la fermeture, une équipe formée à désamorcer les conflits.
  • Le CO2 des tireuses est incolore, inodore et s'accumule en cave : fixez les bouteilles, ventilez, et ne descendez jamais seul secourir quelqu'un.
  • Au quotidien, ce sont les manutentions et les chutes qui blessent le plus : un diable adapté, un escalier de cave sécurisé, des liquides nettoyés tout de suite.
  • Après une agression, ne laissez pas la personne seule, déclarez l'accident du travail et proposez-lui un soutien.

Et avec MaPrev ?

Avec MaPrev, vous choisissez votre activité, et le parcours vous pose les questions propres à un bar-tabac : la gestion des fonds, la cave, les livraisons, le comptoir, les horaires. Les risques et les mesures viennent d'un référentiel construit à partir de sources, pour la plupart officielles, sans IA générative, et le questionnaire de chaque activité a été testé par des professionnels du métier, pour vérifier que les risques identifiés et les mesures proposées correspondent à la réalité d'un établissement.

Vous repartez avec votre DUERP, votre plan d'actions et un kit prévention complet : signalétique prête à imprimer, fiches de dotation des EPI, fiches de formation, livret d'accueil sécurité et fiches réflexes en cas d'accident ou d'agression. Le tout pour 199 € HT. Vous pouvez commencer gratuitement : vous ne payez que si le résultat vous convient.

FAQ : prévention en bar-tabac

Un braquage doit-il être déclaré en accident du travail ?

Si un salarié est victime d'une agression pendant son travail, même sans blessure physique, il peut s'agir d'un accident du travail : le choc psychologique compte aussi. Déclarez-le dans les 48 heures, et orientez le salarié vers un soutien.

Les bouteilles de CO2 de la tireuse sont-elles dangereuses ?

Elles le sont en cas de fuite dans un local peu ventilé, comme une cave : le gaz est invisible, sans odeur, et s'accumule en bas. Fixez les bouteilles, faites vérifier les raccords et ventilez la cave.

Mon bar-tabac a un seul salarié, dois-je faire un DUERP ?

Oui, dès le premier salarié. Et dans un bar-tabac, le risque d'agression doit y figurer (voir qui est concerné).

Le stress lié à la clientèle entre-t-il dans le DUERP ?

Oui. Les incivilités, les clients alcoolisés et les tensions font partie des risques psychosociaux, à évaluer et à prévenir comme les autres.

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À propos de l'autriceManon Besnard, cofondatrice de MaPrev

C'est en gérant des sites industriels de l'aéronautique, où la sécurité ne tolère aucune approximation, que Manon a acquis sa rigueur réglementaire.

Manon sur LinkedIn(nouvel onglet)
Relu parJérémy Heber, cofondateur de MaPrev

Passé par des TPE/PME et par un grand groupe de santé français, Jérémy connaît la prévention côté terrain comme côté expertise.

Jérémy sur LinkedIn(nouvel onglet)

Sources

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