Visites médicales des salariés : embauche, suivi, reprise

VIP, suivi renforcé, visite de reprise, pré-reprise, mi-carrière : quelles visites médicales organiser pour vos salariés, dans quels délais, et qui fait quoi.

Dans cet article10 parties
  1. Toutes les visites en un coup d'œil
  2. À l'embauche : la visite d'information et de prévention
  3. Pour les postes à risques : le suivi individuel renforcé
  4. Après un arrêt : reprise, pré-reprise, rendez-vous de liaison
  5. Les visites au fil de la carrière
  6. Qui paie, et sur quel temps ?
  7. Et si je ne les organise pas ?
  8. À retenir
  9. Et avec MaPrev ?
  10. FAQ

En bref. Chaque salarié doit passer une visite d'information et de prévention dans les 3 mois qui suivent sa prise de poste, et avant même de commencer s'il travaille de nuit ou a moins de 18 ans. Les postes à risques particuliers relèvent d'un suivi renforcé, avec un examen d'aptitude avant l'affectation. Après certains arrêts (maternité, maladie professionnelle, accident du travail d'au moins 30 jours, maladie d'au moins 60 jours), une visite de reprise est obligatoire. C'est à l'employeur de les demander à son service de santé au travail, et le temps de visite est du temps de travail payé.

« La visite médicale ? Je pensais que c'était au salarié de s'en occuper. » Non. C'est à vous, employeur, d'organiser le suivi médical de vos salariés. Concrètement, ça veut dire prévenir votre service de prévention et de santé au travail au bon moment, pour qu'il puisse programmer les visites.

Et ces « bons moments », il y en a plusieurs dans la vie d'un salarié : l'embauche, le suivi régulier, le retour après un arrêt, le milieu de carrière, la fin de carrière. On les passe en revue, avec les délais à connaître.

Toutes les visites en un coup d'œil

Voici les visites médicales prévues par le Code du travail, et quand les organiser :

Visite Pour qui Quand
Visite d'information et de prévention (VIP) Tous les salariés Dans les 3 mois suivant la prise de poste ; avant l'affectation pour le travail de nuit et les moins de 18 ans
Examen d'aptitude (suivi individuel renforcé) Salariés affectés à des postes à risques particuliers Avant l'affectation au poste, puis renouvelé au plus tous les 4 ans
Visite de reprise Salariés de retour après certains arrêts Le jour de la reprise ou dans les 8 jours
Visite de pré-reprise Salariés en arrêt de plus de 30 jours Pendant l'arrêt, dès que le retour est envisageable
Rendez-vous de liaison Salariés en arrêt d'au moins 30 jours Pendant l'arrêt, s'il est organisé
Visite de mi-carrière Tous les salariés Autour de 45 ans
Visite de fin de carrière ou post-exposition Salariés ayant été exposés à certains risques Avant le départ à la retraite, ou à la fin de l'exposition
Visite à la demande Tous les salariés À tout moment, à la demande du salarié, de l'employeur ou du médecin

Sources : Éditions Tissot, Expertise Santé Travail.

À l'embauche : la visite d'information et de prévention

La visite d'information et de prévention (VIP) remplace l'ancienne « visite médicale d'embauche ». Elle doit avoir lieu dans les 3 mois qui suivent la prise de poste effective. Pour les travailleurs de nuit et les salariés de moins de 18 ans, elle doit avoir lieu avant l'affectation au poste.

Elle est réalisée par un professionnel de santé du SPST : le médecin du travail, ou souvent un infirmier en santé au travail. Elle sert à :

  • interroger le salarié sur son état de santé ;
  • l'informer sur les risques de son poste et les moyens de s'en protéger ;
  • le sensibiliser à la prévention ;
  • identifier s'il doit être orienté vers le médecin du travail (par exemple en cas de handicap ou de grossesse).

Elle est ensuite renouvelée périodiquement, selon un rythme fixé par le médecin du travail en fonction du poste et de l'état de santé du salarié.

Le réflexe à avoir : prévenir votre SPST dès que vous embauchez, sans attendre. Les délais pour obtenir un rendez-vous peuvent être longs. Profitez-en pour faire en même temps l'accueil sécurité du salarié (voir notre article sur les formations).

Pour les postes à risques : le suivi individuel renforcé

Les salariés affectés à des postes présentant des risques particuliers bénéficient d'un suivi individuel renforcé (SIR). C'est le cas notamment des salariés exposés à l'amiante, au plomb, à des agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, aux rayonnements ionisants, aux activités en milieu hyperbare, ou au risque de chute de hauteur lors du montage et démontage d'échafaudages (Éditions Tissot).

Dans ce cas, la VIP est remplacée par un examen médical d'aptitude, réalisé par le médecin du travail avant l'affectation au poste. Il est renouvelé au plus tous les 4 ans, avec un suivi intermédiaire.

Bon à savoir : depuis le 1er octobre 2025, les salariés titulaires d'une autorisation de conduite (CACES) ou d'une habilitation électrique ne relèvent plus du suivi renforcé à ce seul titre. Ils doivent à la place disposer d'une attestation de non contre-indication médicale délivrée par le médecin du travail. On en parle dans notre rubrique actualité.

C'est votre DUERP qui vous dit quels postes sont concernés. Si un salarié est exposé à l'un de ces risques, signalez-le à votre SPST dès l'embauche.

Après un arrêt : reprise, pré-reprise, rendez-vous de liaison

Le retour d'un salarié après un arrêt, c'est un moment clé, et trois rendez-vous peuvent l'accompagner.

La visite de reprise

La visite de reprise est obligatoire après :

  • un congé de maternité ;
  • un arrêt pour maladie professionnelle, quelle que soit sa durée ;
  • un arrêt d'au moins 30 jours pour accident du travail ;
  • un arrêt d'au moins 60 jours pour maladie ou accident non professionnel.

C'est à vous de prévenir votre SPST dès que vous connaissez la date de reprise. La visite a lieu le jour de la reprise ou au plus tard dans les 8 jours. Le médecin du travail vérifie que le poste est compatible avec l'état de santé du salarié, et peut recommander des aménagements.

Pour un accident du travail de moins de 30 jours, vous informez le médecin du travail, qui décide si une visite est utile (Expertise Santé Travail). On revient sur la gestion d'un accident dans Accident au travail : les bons réflexes.

La visite de pré-reprise

Pendant un arrêt de plus de 30 jours, le salarié peut passer une visite de pré-reprise, à sa demande, à celle de son médecin traitant, du médecin-conseil de l'Assurance Maladie ou du médecin du travail. Elle sert à préparer le retour : aménagement du poste, temps partiel thérapeutique, formation. C'est souvent elle qui permet d'éviter une rupture.

Le rendez-vous de liaison

Pendant un arrêt d'au moins 30 jours, un rendez-vous de liaison peut aussi être organisé entre le salarié et l'employeur, avec le SPST. Il n'est pas obligatoire pour le salarié, mais il permet de garder le contact et de l'informer des actions possibles pour faciliter son retour.

Les visites au fil de la carrière

Au fil de la carrière, deux visites particulières sont prévues :

  • La visite de mi-carrière, autour de 45 ans (en principe entre 43 et 45 ans, sauf accord de branche différent). Elle permet de faire le point sur l'adéquation entre le poste et l'état de santé, et d'anticiper l'usure professionnelle.
  • La visite de fin de carrière ou post-exposition, pour les salariés qui ont été exposés à certains risques au cours de leur carrière et ont bénéficié d'un suivi renforcé. Elle permet d'établir un état des lieux des expositions et, si nécessaire, de mettre en place une surveillance médicale après le départ.

Qui paie, et sur quel temps ?

Le temps des visites médicales est du temps de travail, sans perte de salaire, et les frais de déplacement sont à la charge de l'employeur (Expertise Santé Travail). Les visites elles-mêmes sont couvertes par votre cotisation au SPST.

Et si je ne les organise pas ?

Si vous n'organisez pas le suivi médical de vos salariés, vous vous exposez à une amende. Mais surtout, vous prenez un risque bien plus lourd : un salarié affecté à un poste incompatible avec sa santé, un problème non détecté, et en cas d'accident ou de maladie, un manquement à votre obligation de sécurité difficile à défendre.

Le bon réflexe : gardez une trace de chacune de vos demandes au SPST (mail, portail adhérent). Si les délais ne sont pas tenus de son côté, vous pourrez prouver que vous avez fait votre part. On vous explique pourquoi c'est si important dans Pourquoi la prévention doit être écrite.

À retenir

  • C'est à l'employeur d'organiser le suivi médical : prévenez votre SPST dès l'embauche.
  • Chaque salarié passe une visite d'information et de prévention dans les 3 mois suivant sa prise de poste, et avant l'affectation pour le travail de nuit et les moins de 18 ans.
  • Les postes à risques particuliers relèvent d'un suivi individuel renforcé, avec un examen d'aptitude avant l'affectation.
  • La visite de reprise est obligatoire après certains arrêts (maternité, maladie professionnelle, accident du travail d'au moins 30 jours, maladie ou accident non professionnel d'au moins 60 jours), le jour de la reprise ou dans les 8 jours.
  • Le temps des visites est du temps de travail payé. Gardez une trace de chacune de vos demandes au SPST.

Et avec MaPrev ?

Avec MaPrev, vous savez quels postes de votre entreprise présentent des risques particuliers, puisque c'est ce que votre évaluation des risques fait ressortir. C'est l'information dont votre SPST a besoin pour organiser le bon suivi médical.

Vous repartez avec votre DUERP, prêt à être transmis à votre SPST, votre plan d'actions de prévention et un kit prévention complet (signalétique, fiches EPI, fiches de formation, livret d'accueil sécurité, fiches réflexes en cas d'accident). Les risques et les mesures viennent d'un référentiel construit à partir de sources, pour la plupart officielles, sans IA générative, et chaque questionnaire métier a été testé par des professionnels de l'activité concernée, pour coller à la réalité du terrain.

Le tout pour 199 € HT. Et pour suivre vos obligations dans le temps, le Kit Sérénité (199 € HT, puis 19,99 € HT par mois à partir du deuxième mois) vous permet de garder votre démarche de prévention à jour. Vous pouvez commencer gratuitement : vous ne payez que si le résultat vous convient.

FAQ : les visites médicales

La visite médicale d'embauche existe-t-elle encore ?

Elle a été remplacée par la visite d'information et de prévention, sauf pour les postes à risques particuliers, où un examen d'aptitude reste réalisé avant l'affectation.

Un salarié peut-il refuser une visite médicale ?

Le suivi médical fait partie des obligations liées au contrat de travail. Si un salarié refuse, rappelez-lui l'obligation par écrit, gardez une trace, et parlez-en à votre SPST.

Qui doit organiser la visite de reprise, l'employeur ou le salarié ?

L'employeur. Dès qu'il connaît la date de fin de l'arrêt, il saisit le SPST pour que la visite ait lieu le jour de la reprise ou dans les 8 jours.

Un CDD de quelques semaines doit-il passer la visite d'information et de prévention ?

Oui, le principe s'applique à tous les salariés. Dans certains cas, une nouvelle visite n'est pas nécessaire si le salarié en a déjà passé une récemment pour un poste identique : votre SPST vous dira si c'est le cas.

Un salarié peut-il demander à voir le médecin du travail ?

Oui, à tout moment. Il n'a pas à se justifier, et cette demande ne peut pas lui valoir de sanction.

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À propos de l'auteurJérémy Heber, cofondateur de MaPrev

Passé par des TPE/PME et par un grand groupe de santé français, Jérémy connaît la prévention côté terrain comme côté expertise. Pour lui, MaPrev, c'est ce double regard mis au service des dirigeants qui ne savent pas par où commencer.

Jérémy sur LinkedIn(nouvel onglet)
Relu parManon Besnard, cofondatrice de MaPrev

C'est en gérant des sites industriels de l'aéronautique, où la sécurité ne tolère aucune approximation, que Manon a acquis sa rigueur réglementaire.

Manon sur LinkedIn(nouvel onglet)

Sources

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